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28 Apr

normalité relative / chapitre 3

Publié par Alice  - Catégories :  #nouvelles

normalité relative / chapitre 3

De retour chez eux, après un week end riche en émotions,le clan choisit de se revoir, afin de visiter les musées de Sipra, dont celui dédié à la laïcité.. En attendant Polias,Arthus et Turus pratiquent leur sport favori, le parcours ball. Les règles sont simples. Deux équipes se font face sur un terrain aménagé de murs, de tours,de maisons qu'ils doivent parcourir en effectuant des figures aériennes. La première qui récupère l'engin marque un point. Ce sport est un dérivé d'un jeu pratiqué sur la terre. Chaque joueur est muni d'un casque,permettant une vue ultra précise et permettant à chaque équipe de communiquer entre elle.

Quant à Fargalle,elle participe à des ateliers quotidiens de développement du moi,consistant à utiliser la puissance des neurones du cerveau tel que la sérotonine,la dopamine ou l'adrénaline. Durant de longs siècles, la parole fut le moyen thérapeutique palliant au mal être. Des chercheurs avaient aussi découvert des molécules chimiques à ingurgiter. Désormais ses pratiques sont désuètes et font parties d'une autre époque. Chaque participant est allongé sur une table munie de capteurs reliés à un ordinateur,envoyant des ondes chimiques à la partie du cerveau concernée. Depuis la mort de sa mère,elle se sent fragilisée et est en proie à de grandes variations de l'humeur et à des crises de panique paralysantes. Le psychiatre qui la suit, le docteur Bajkab,spécialiste des ondes neuronales et superviseur de la clinique garante des émotions, lui a certifié qu'elle guérirait à force de patience.Après sept séances,elle fait un point avec lui,dans son cabinet privé.

Chaque mercredi soir, Turus et Arthus participent aux groupes d'échanges inter-religieux,se déroulant dans un lieu privé. Les huit religions sont représentées. L'objectif de ces réunions est de souligner leurs aspects positifs, mais aussi d'insister sur leur passé parfois nébuleux, surtout en ce qui concerne les terriennes. Le Baoïsme, le Feytrisme et le Parontisme n'ont jamais entrainé de conflits majeurs.Turus est musulman. Ses parents sont des descendants de la colonie terrienne et musulmane,arrivée sur Isiris en 4058, dans des conditions effroyables. Leur fuite stellaire avait entraîné la mort de centaines de personnes. Ses parents évoquaient régulièrement ce drame. Grâce à ces regroupements, la parole permet d'évacuer le trop plein. A contrario d'Arthus, la famille de Turus respecte strictement les pratiques de leur religion, consistant en des ablutions et des prières en direction de La Mecque, ville se situant au Proche Orient terrien. Souvent aux cours de leurs dialogues,les participants arrivent à cette conclusion, les religions donnent un sens à la mort et permettent l'évolution de l'indivIidu dans un cadre spirituel mais en aucun ne doivent être les vecteurs d'une pensée uniforme et de conflits entre les Isiriens. La fin de la séance s'achève en une ronde de l'espoir.

Polius est le président d'une association visant à défendre les principes de la laïcité,mis à mal par de fervents opposants, lui reprochant une atteinte à la liberté religieuse. Ils reprennent les principes de certaines politiques terriennes consistant à confondre la politique et religion. Confusion qui avait fait sombrer les humains, dans une période obscure de leur histoire. La laïcité est une notion séparant le pouvoir de la religion donc la neutralité à l'égard des confessions religieuses. Polius n'est pas un fondamental mais estime qu'elle est la caution de la paix entre les communautés. Celui-ci est athée.Ses parents ne croient pas en un Dieu tout puissant,créateur de l'univers, ni en une entité suprême. Il n'a reçu aucune éducation confessionnelle mais respecte leur vivance. L'année dernière, Polius a assisté au sacrement de la confirmation de Fargalle. L'union catholique avait loué une salle particulière pour célébrer cet événement.Comme le veut la pratique,elle reçut une gifle de l'évêque,signifiant son entrée dans la communauté chrétienne. Cette scène lui avait paru agressive. Elle le rassura, en lui expliquant qu'il s'agissait d'un rituel non violent. La cérémonie fut suivi d'un banquet familial en son honneur.

Le 11 juillet,l petite smala se retrouve à l'arrêt du tramway,les menant au musée historique de la laïcité. Cette visite est obligatoire l'année de leurs seize ans et leur permet d'obtenir leur carte d'électeur sans avoir à suivre les cours intensifs. La galerie se situe près de la stèle érigée en mémoire des humains tués durant les années noires. Les Isiriens lui vouent un culte sans précédent, leur rappelant la fragilité de leur condition. Tous les noms et prénoms des victimes, sans distinction de confessions y sont inscrits. La galerie sud est décernée aux oeuvres artistiques. Une en particulier retient leur attention. Celle du maître de la lumière,Naghovg, artiste né en Sabie,pays frontalier de la Nerfac, dans les années 1400. avait su avec force représenter le symbole.. Dans une danse colorée, les étoiles jaunes entourent le soleil . Il peignit son tableau au cour d'un voyage, dans l'hémisphère nord où les nuits alternent avec les jours,donnant à l'oeuvre une couleur sombre bleutée. Selon le guide en trois dimensions, le soleil incarne le matérialisme apaisant par sa lumière, le côté obscur des religions. Les salles se succèdent. Les tableaux et les sculptures interpellent,bouleversent,interrogent les visiteurs. Les jeunes gens déambulent tout en remplissant le questionnaire leur permettant d'accéder à leur premier sésame nerfacien.

Soudain, des bruits sourds et réguliers se font entendre. Les quatre amis sont surpris. Aucun travaux de rénovation ne sont indiqués. Les rafales se rapprochent. Une voix dans un haut parleur, leur intime l'ordre de sortir. Ils se mettent à courir vers une issue de secours. Des alertes visuelles illuminent les couloirs. Arthus tente de se concentrer mais la panique l'en n' empêche. Ses pouvoirs de communication sont saturés par la peur. Des personnes hurlent, tombent,se bousculent dans un chaos total. Fargalle tente de se maîtriser. Une crise d'angoisse l'étreint. Elle va mourir maintenant sans avoir donné un sens à sa vie. L'idée de rejoindre le paradis ne la rassure pas,pas plus que Tirius. Polius reste pragmatique, lucide. Il file droit devant lui, sans se retourner. et repère la sortie salvatrice. Le groupe file sans réfléchir. Leur instinct de survie les guide. Ils se précipent derrière un mur. Ils s'effondrent les uns à côté des autres mais sont sains et saufs. Leurs regards apeurés se croisent. La jeune fille tremble, la sueur coule sur son visage. Les trois garçons tentent conserver leur esprit et ne craquent pas. Autour d'eux, des personnes s'enfuient en criant : " Ils nous ont tués",s'engouffrant dans les bouches du métro flottant.
Les sirènes des secours, de la police et de l'armée ajoutent à cette scène apocalyptique,un air de fin du monde. Les soldats se positionnent devant l'édifice, protégeant ainsi la fuite des victimes encore en vie. La fusillade a pris fin mais les terroristes ont pris la fuite.

Les alertes vocales automatiques se taisent. La petite bande se relève. Elle est sonnée et a perdu la notion du temps et de l'espace. Des militaires viennent vers eux munis, de leurs fameux casques à détection. les quatre compagnons d'infortune les observent. Arthus ressent une sensation d'irréalité. Ils les suivent jusqu'au restaurant de la Flèche, transformé en centre médical provisoire,situé à deux cent mètres de la catastrophe. Ils sont accueillis par un médecin urgentiste les uns après les autres. L'odeur de sang imprègne les lieux. Turus ne voit pas les blessés mais entend leurs gémissements. Polius se tient la tête entre les jambes, tentant mentalement d'interpeller sa mère,en vain. Toutes les ondes sont brouillées par l'armée. Les journalistes commencent leurs reportages macabres, passés en boucle sur les réseaux de la télévision nationale. Ils ne perdent pas une miette de la vision d'horreur, s'autorisant à interroger les victimes encore lucides. La bande est évacuée vers une zone sécurisée où ils seront interrogés par des membres de la brigade anti terroriste universel

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Euthymie quand tu me tiens