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20 Apr

intermède chapitre 4

Publié par Alice  - Catégories :  #témoignages

intermède chapitre 4

Je retrouve mes activités dites normales. Ma classe, mes élèves, mon quotidien. Pourtant et malgré le traitement,je ne me sens pas bien. J'ai cette sensation de ne plus habiter mon corps. Je flotte. Mon raisonnement est long,ma verve est forcée, mon besoin de dormir est grandissant.

Malgré tout chaque matin,je pars affronter une épreuve. Ma vie l'est devenue.

J'essaie de transmettre,de rire,de converser avec mes collègues. Rien n'est spontané.

En écrivant ses mots, un chagrin s'empare de moi, je ne vivais plus je survivais.

Conduire m'était devenu étrange. J'avais peur. J'établissais avec moi même des contrats. Tu passes le premier rond point et tu auras le droit d'allumer la radio et ainsi de suite.

Le parcours me menant à l'école était devenue un calvaire C'est épuisé que j'ouvrais ma salle de classe. Je n'arrivais plus à trouver du plaisir aussi bien dans mon activité professionnelle que dans ma vie personnelle

Faire mes courses devenait le parcours du combattant. Je me présentais à la caisse en nage et tremblante.

Moi qui pensais qu'avec la roll royce des régulateurs,j'étais à l'abri de tous mes démons.

J'étais devenu un robot. Je ne supportais plus cette sensation et alors autant mourir.

Le soir, je recommençais à boire. Juste pour essayer de trouver du plaisir. Aucun effet. J'étais anesthésiée.

Mon moral chutait, mes peurs augmentaient. Je n'envisageais même plus d'aller voir mes parents en Bretagne. Je devais passer des ponts et à cette idée,je tremblais intérieurement.

J'étais piégée comme un rat.

Chaque journée passée devenaient intolérable. Le psychiatre qui me suivait à l'époque me disait que cet effet passerait avec le temps. Mais combien de temps, un an, deux ans? Je ne tiendrai pas. Mentalement, je me fabriquais des repères. Après chaque journée de classe,je me forçais à marcher en bord de Seine pour soulager mon esprit. Je me forçais à lire et même si je comprenais absolument rien.

J'essayais d'avoir de la réparti avec mes collègues, les enfants mais cela sonnait faux,creux. Allo la terre,sos d'un terrien en détresse.

Parfois pour être certaine d'exister,je me pinçais fort. Aucune douleur..

J'avais donc passé trois semaines en psychiatrie pour rien....

Malgré les effets pervers du lithium, j'avançais pas à pas. J'étais dans le tenir.

Bon gré mal gré, j'ai fait cours jusque décembre. Avant que la maladie ne reprennent du service dans son penchant dépressif

Le 23 décembre, j'avalais des cachets de lithium avec de l'alcool. La vie ne voulait plus moi

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Euthymie quand tu me tiens