Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 Apr

l'envolée chapitre 10

Publié par Alice  - Catégories :  #témoignages

l'envolée  chapitre 10

Peu à peu, je reprenais goût à la vie et non pas en la mienne. Je restais dans ma bulle mais je ritualisais mon quotidien. Ces repères étaient devenus fondamentaux. L'imprévu m'effrayait.

Je retournais aux ateliers, plus vivante. Je me mis à l'écriture. Elle était désordonnée. Je voulais écrire mon histoire. Je manquais de recul.J'investis dans des carnets dans lesquels je notais des réflexions..Je commençais à échanger avec mes congénères.J'arrivais souriante et même si je me sentais fragile. Enfin, je sentais. Je parlais. Je bougeais. Je riais.

Un événement d'ordre familial allait rompre ce précaire équilibre. Mon fils doutait en ses capacités et voulait mettre un terme à ses études. J'étais anéantie.

Je passais du rire aux larmes en moins de cinq minutes. Une phase mixte s'installait.

Il fut donc décidé de m'hospitaliser une quinzaine de jours pour changer de traitement et surtout de régulateur.

La clinique était devenue par la force,un lieu familier. Comparé aux autres hospitalisation, je me sentais en forme, trop en forme...

Le nouveau régulateur se nomme lamictal. Il doit être introduit progressivement dans l'organisme sous peine de provoquer de graves réactions cutanées.

Mon séjour se passait bien. Je sentais de véritables sensations, exacerbées certes mais si appréciables.

Je fis la connaissance d'Olivier et Cédric. Le soir, nous jouions au tarot. L'après midi, nous nous baladions dans le parc. Nous avions repéré un cerisier que nous allions dévaliser.

Tous les jours, je griffonnais sur mes carnets.

Je supportais de moins en moins l'attente interminable de l'arrivée du docteur Kabbaj. Je trépignais. Je passais mon temps à tourner dans les couloirs et dès que je l'apercevais,je lui courais après.

Le sport réapparut. Je passais une heure dans la salle de sport. Je jouais au ping pong. Je marchais des heures en bord de Seine. J'avais enfin retrouver ma pêche d'enfer...et j'en étais qu'au début.

Je sortis fin juin et enfin, la vie me souriait à nouveau

Je devenais invincible. Je communiquais avec le monde entier. J'étais la vie.

Je partais dans des fous rires sans fin. Je dépensais mon argent sans m'en apercevoir. Vivre était permis, vivre, vivre

Je parlais avec des personnes croisées dans la rue. Je faisais du sport à gogo . Je maigrissais à vue d'oeil. Je me réappropriais mon corps.

Je commençais à avoir des visions. Je vivais dans un monde que je me construisais mentalement grâce à mon imagination.

Je dormais très peu et avait une forme olympique. Je rayonnais.

L'été était chaud. Olivier et moi, avions décidé de partir en vacances sur les plages du débarquement en Normandie.

Lors de ces vacances, je lui fis visiter tous les musées du débarquement que je connaissais déjà. Je lui racontais avec passion la grande Histoire.

Le soir, dans notre location, j'écrivais, je lisais,j'admirais la lune jusque point d'heures. Personne ne m'enlèverait ce goût de vivre.

Le matin, aux aurores,je me levais le sourire aux lèvres et avec une pèche d'enfer. Ou dirai je une pèche qui allait me mener en enfer.

J'étais prête à tout, à partir du moment où je ressentais de telles émotions.

J'avais crée un compte facebook. J'y écrivais en plusieurs langues. Je lançais des invitations à tout va

J'avais décidé de passer le concours de bibliothécaire. Je n'avais plus besoin d'aller à l'hdj.

De plus mon fils avait décidé de retourner sur les bancs de l'université

J'oubliais un détail qui a son importance dans l'enchaînement des événements, des boutons était apparus sur mon corps. Dans le doute et avant de partir faire ma virée,le lamictal fut remplacé par la dépamide.

Je savourais cet instant de vie. Les couleurs brillaient de mille feux. Des odeurs savoureuses me parvenaient au cerveau. Je parlais, parlais sans arrêt. J'étais partante pour aller au bout du monde.

Au retour, j'avais rendez vous avec mon psychiatre. Il allait voir mon changement et personne ne pourrait dire le contraire. Alice était vivante...

Commenter cet article

À propos

Euthymie quand tu me tiens