Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 Apr

l'inconnu chapitre 9

Publié par Alice  - Catégories :  #témoignages

l'inconnu  chapitre 9

A peine arrivée, je voulais déjà partir. Rester était preuve de faiblesse. La preuve irréfutable que je devenais folle.

Je suivais le mouvement. Je restais assise sur ma chaise alors que ma tête hurlait. Je tremblais de tous mes membres. J'étais muette totalement absente.

Mon entretien avec Nicolas, le responsable et le psychiatre de l'hdj, m'a semblé interminable. Peu de paroles sortaient de ma bouche. Quelqu'un m'avait jeté un sort pour me transformer en statue de sel.

Je ne savais plus qui j'étais. Je me perdais dans le labyrinthe de mon existence. Je voulais retrouver le fil d'Ariane mais je l'avais lâché.

Des idées d'impulsion firent leurs apparition. Je voulais taper, taper. Je me retenais avec rage.

Décidément, le régulateur combiné aux antidépresseur et aux neuroleptiques n'avaient aucun effet sur moi.

J'étais prisonnière de mon corps alors même que je n'avais commis aucun délit. Je m'étais jugée et la peine serait longue.

J'alternais l'hdj et mon domicile. De retour chez moi, je m'asseyais sur mon canapé,vide de réflexions. Je regardais le temps passer, à travers ma fenêtre. Noël pointait le bout son nez et je m'en fichais royalement. Je savais juste que mon fils allait arriver . Je me devais de faire semblant,de minimiser mon état mental du moment. Hélas,je ne dupais personne,moi y compris.

Pendant cette période, je consultais le docteur Kabbaj, tous les quinze jours. Il était mon repère dans cette vie sans queue, ni tête. Ses paroles me rassuraient. Il a un don et même si ce n'est pas celui d'être à l'heure. Mais me direz vous personne n'est parfait

J'avançais millimètre par millimètre. Je me répétais en boucle : tant qu'il y a de la vie,il existe l'espoir.

J'étais assidue aux ateliers. Un en particulier la gestion des émotions qu'animait Marie Jo. C'était paradoxal. Je ne ressentais rien. Je me servais des écrits des autres patients pour réveiller ma mémoire émotionnelle.

La danse me permettait de mouvoir mon corps étranger.Au départ, je ne pipais pas mot. J'observais. Le temps du midi, je lisais. a cet instant, je me permettais de vivre à travers un personnage de fiction.

Je n'échangeais pas avec les autres. Je ne me sentais pas supérieur,loin de là mais bien au contraire,je me plaçais dans l'infériorité. Quel statut avais je? dépressive? Maniaco dépressive? Mon être tout entier se résumait à la maladie mentale.

Je ne sortais plus de chez moi, juste pour le minimum vital. Il était écrit sur mon front FOLLE à éviter. Je me jugeais mal, très mal.

Le handicap psychique est invisible aux yeux des autres. Il fait peur car chacun d'entre nous, un jour,peut basculer de l'autre côté

Les mois passaient. Je me sentais de mieux en mieux, toujours très ralentie mais de petites sensations firent leur apparition. Je ne mis pas cette légère amélioration sur le compte de la chimie. Je m'évertuais à répéter des gestes, des expressions pour me les réapproprier.J'imitais.

C'est dans ce contexte,en mars que je rejoignis mes parents dans la maison familiale.

Le séjour dura quinze jours. Je tentais de donner le change. Je ne voulais pas qu'il s'inquiètent.

Je n'étais pas encore dans la vie et le ressenti. Ce temps avec eux me fit le plus grand bien. C'est animé d'espoir que je repris le chemin de l'hdj

Commenter cet article

À propos

Euthymie quand tu me tiens