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21 Apr

le départ en enfer chapitre 11

Publié par Alice  - Catégories :  #témoignages

le départ en enfer   chapitre 11

J'allais quitter l'hdj et me lancer dans ma vie si belle et si colorée.

Avant, je souhaitais aller passer du temps avec mes parents.

Je fis mes adieux au personnel qui m'avait aidée à survivre et à vivre. Nicolas, le chef des troupes n'était pas chaud pour mon départ. Le docteur Kabbaj pensait que j'allais trop vite. Désormais j'étais, je le pensais, maître de ma destinée. Personne, à ce moment, ne m'empêcherait de profiter de cette vie féerique.

Le trajet pour la Bretagne fut exaltant. Je m'arrêtais en chemin prendre des photos d'éoliennes. La photographie était devenue une passion.

Je retrouvais mes parents. Enfin,le bonheur...

Le lendemain de mon arrivée,je mettais mise à pleurer à chaudes larmes dans ma chambre. Je pleurais comme une madeleine. J'essayais de comprendre ce qui m'arrivait. Du jour au lendemain, j'étais passée de l'état de Reine à l'état de rien.

Mon humeur avait basculé,une nouvelle fois,sans crier gare.Bien évidemment,j'épargnais mes parents en cachant ce chavirage.

Je devais y rester une semaine. Je partis au bout de quatre jours. J'étais paniquée à l'idée de prendre la route et de conduire.

Mes sensations s'étaient envolées. Le ciel me paraissait fade. Les odeurs, les couleurs restaient ternes.

La réalité m'avait échappé et allait me rattraper.

La vie de château se termina brutalement. Finie, la vie de princesse, Le carrosse se transforma en citrouille.

Je revins chez moi, dans mon appartement. Je le trouvais hideux, sans âme.

Mes comptes bancaires étaient nettement dans le rouge, un rouge écarlate.

Etant en congé longue maladie,je n'avais aucun accès au concours. Adieu, mon rêve de bibliothécaire.

Une nouvelle fois, je me sentie vide,morte de l'intérieur. Je ne savais plus qui me tourner. J'incarnais l'échec, le pion placé sur la mauvaise case. J'étais échec et mat.

Cette fois, mon entourage familial devait accepter ce crabe mental. Je conçois qu'il était extrêmement compliqué de me suivre. Chacun a sa vie. Mais sans leur soutien et celui du docteur Kabbaj, j'aurais mis fin à mes jours, en me cachant comme une voleuse de vie.

Je me souviens de ce vendredi où j'appelais ma soeur à ma rescousse. Elle, allait me sauver, c'était une certitude.

Je lui avouais mes deux milles euros de dépenses frénétiques. J'avais dans un accès de lucidité, fait mes comptes.

Elle m'écouta, me sermonna.J' avais envie de l'entendre et qu'elle prenne la mesure de mon état psychique. Mon frère refusa de m'aider financièrement. J'étais seule face à moi-même

J'étais devenue une pro de la dissimulation émotionnelle. Mes états d'âme ne devaient pas leur nuire. J'avais raté ma vie,pas eux.

Des anges dont mes parents vinrent résoudre mes ennuis financiers. J'avais honte. Je pensais avoir touché le sol mais je n'avais fait que l'effleurer.

Mon psychiatre me reçut dans cet état. J'étais tremblante et creuse. Je refusais catégoriquement l'hospitalisation. Je ne lui avouais pas et à personne que mon lieu de vie était infesté de puces de parquet...J'acceptais par contre un retour à l'hdj. Je l'entends encore me dire, un jour vous reverrez la lumière. Docteur, je m'en fiche de cette lumière. Cette fois si je vais mourir vivante et les puces en prime. TOC !

J'investis dans plusieurs aérosols. J'aspergeais mon sol. J'attendais dans la ferveur, la disparition de ces puces mal venus. Je devenais folle. Ces bestioles m'obsédaient

Mon retour à l'hdj se fit sans fanfare,ni tambour. Le jour de mon arrivée, je filais direct dans le bureau du psychiatre. Je me persuadais que la parole suffirait à me stabiliser puisqu'avec la dépamide,j'avais réussi à voler.

Je tins quelques jours dans cet état de semi-conscience. Pas de pleurs,pas de rires. J'étais froide et rigide comme un stalactite. Je céda et rentra en clinique.

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Euthymie quand tu me tiens