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25 Apr

évasion / chapitre deux

Publié par Alice  - Catégories :  #nouvelles

évasion / chapitre deux

Le mois d'août arrive,synonyme de liberté pour les lycéens. Le contexte géopolitique ne s'améliore pas.. Nietopu et son allié, La Mandalie, poursuivent leur guerre d'un autre temps et d'une autre planète. Les négociations se poursuient entre toutes les parties concernées. Des habitants de la Niatpie se réfugient dans les pays neutres,dont la Nerfac.

Le devoir commun des élèves, pour les vacances, est la laïcité,sujet riche et porteur. Cette notion, pour l'Etat nerfacien est essentielle. elle a permis au pays d'accueillir, sur son territoire, des milliers de personnes de confessions différentes. Huit religions existent le baoïsme, le parontisme, le fetyrism et les cinq religions terriennes le christianisme,le judaïsme,l'islam,hindouisme,le bouddhisme.

Le respect strict de la laïcité,moteur du vivre ensemble, n'empêche en aucun cas aux individus de croire en une entité suprême dans le cadre privé mais n'autorise pas les signes distinctifs dans les lieux publics. Une police des religions les patrouille sans relâche. Le non respect de cette règle est punie par des cours de laïcité intensive.

Arthus pratique avec sa mère le baoïsme. Bao, prophète né en 300, issu d'une famille aisée de la Mandolie intérieure,avait eu des révélations durant sa jeunesse,Dieu était unique et accueillait tous les hommes quelque soit leurs confessions.. La pratique se résumait en des chants, invitant les Hommes à se respecter..

Ce devoir ne devait pas poser de difficultés majeures. Mais en attendant, Le groupe d'amis a mieux à faire : profiter des vacances, qui par ailleurs commence bien,ayant gagné le fameux week end décerné aux pratiquants des transports naturels.

Pour leur destination, ils avaient choisi les côtes inludaises qui se situe au nord de Nerfac,là où le soleil brille constamment.

Le jour du départ pour la ville de Grouscant, Fargalle se fait désirer. Les trois garçons tentent vainement de la joindre. La colère et l'impatience montent. Polias et Turus font les cent pas, sur le quai. La gare centrale est bondée de monde. Ils supplient Arthur d'utiliser son pouvoir d' émission. Celui-çi rechigne,prétextant un mal de tête. Le temps passe et la jeune fille ne se présente toujours pas. Il se décide enfin et se rend à une borne, sort son casque de transmission interne et envoie un message très expéditif à Fargalle, en lui signifiant de se montrer dans les plus brefs délais. Trente minutes plus tard, c'est toute souriante qu'elle marche en direction des garçons. Elle avait oublié d'enclencher le bouton du réveil.L'appel télépathique de son ami,l'avait brusquement sorti de son sommeil. La bande est enfin réunie. L'escapade peut commencer.

Trois minutes plus tard, le train ultra rapide,les dépose au coeur de Grouscant. La chaleur est accablante et le contraste climatique est saisissant.Les amis se précipitent jusque la sortie faisant face à la mer. Ils sont éblouis par sa couleur rougeâtre. Ils restent à contempler les oiseaux bleutés ,volant au dessus de cette immensité. Le bruit des touristes est amorti par une chaussée matelassée. Un calme sourd règne dans ces lieux.

Turus sort son androïd, pour localiser avec précision, le lieu du complexe hôtelier, se trouvant à 3 kilomètres. Une navette particulière volante, les prend, chargés de leurs bagages. Polias se sert du déversoir à paroles pour indiquer l'endroit où elle doit s'arrêter.Le spectacle est vertigineux. La tour qui les accueillent mesure deux milles mètres. Elle tourne sur elle même, permettant aux vacanciers,d'admirer différents points de vue panoramiques. Ils sont logés au quatre centièmes étages. Une bulle translucide,à vitesse variable les transporte jusqu'au pas de leur chambre.

Fargalle se place face à une borne, place son casque sur sa tête et mentalement exprime la raison de leurs présences,permettant à la porte de s'ouvrir.

L'endroit est vaste. Trois chambres sont à leurs dispositions, ainsi que deux salles de bain comportant tous les gadgets à la mode,Le clou étant la piscine du balcon.

Arthus dort avec Polius, permettant aux deux autres de disposer de leurs propres espaces intimes.

Il est décidé que le soir même, le groupe participe à la fête nationale de du saint Amour. Elle se déroule sur la plage de sable blanc. Elle représente l'union des âmes, la fusion totale des esprits. En ces temps de tourmente et de folies meurtrières,elle symbolise d'autant plus un retour au calme et à la plénitude.

Les nouvelles venant du front ne sont pas bonnes. Nietopu refuse un cessez le feu,permettant ainsi aux populations civiles d'être ravitaillées et soignées. Donhalle, le président de La Nerfac multiplient les actions diplomatiques, le conflit ne devant pas s'étendre à la Niatopie toute entière, fait qui serait sans précédent dans l'Histoire de la planète. L'Etat du Déis se situant sur les terres punamiennes promet une riposte sans précédent si les accords de Diamty ne sont pas respectés dans les semaines à venir. Isiris retient son souffle.La bande d'amis assit sur le canapé,fixe les images de l'écran et échange des regards inquiets. Fargalle a les larmes aux yeux. Elle décide de sortir.. Arthus insiste pour l'accompagner. Le chemin allant jusque la mer se fait dans la méditation. Le ciel est désespérément clair et dans cette région où les nuages ne se forment pas. La jeune fille s'avance en direction de l'eau.,Le garçon la suit, impuissant face à son chagrin. Il lui tend la main, en lui proposant un voyage mental en trois dimensions, à l'époque de leur enfance. Des lumières blanches les entourent. Elles leur apportent un bien-être total. Le décor change radicalement. Fargalle entend la voix de sa mère,décédée depuis. Elle se voit enfant,glissant sur le toboggan. Un sentiment de paix l'envahit. Les odeurs de cuisine sont prégnantes,sa vision démultipliée. Arthus l'accompagne dans ce voyage temporel. Il la découvre enfant,riant aux éclats. Depuis la disparition de celle-ci,Fargalle s'est renfermée et forgée une carapace. Elle porte un masque cachant sa douleur. Le cinq minutes autorisées pour cette introspection sont terminées.

Les deux amis se retrouvent assis sur la plage de sable colorée,ancrés dans la réalité. Au lointain,près de l'arène,s'affairent des ouvriers,préparant la fête nationale. L'homme en bois gigantesque, est prêt au sacrifice. Cette réalisation représente l'obscurité,le côté sombre de l'Homme.Il est temps pour les deux jeunes gens de retourner au complexe,afin de se préparer pour les festivités. Vêtus d'une toque blanche Ils se rendent au lieu de rendez vous, place de la Cohésion. Une foule immense est déjà présente,attendant dans la ferveur,la mise en feu de l'édifice en bois. Des stands offrent la possibilité d'échanger avec les anciens,porteurs du message universel originel. Ils sont le liant inter-générationnel. A 80 ans, ils sont dans l'obligation de laisser leurs témoignages de vie, dans le grand livre tactile de la mémoire commune.

Les binious, instrument traditionnel de cette région résonnent au loin,annonçant le début de la grande procession. Les bannières de différentes provinces se hissent. Les porteurs prennent la première place du cortège. Des rangées se forment derrière eux,dans un recueillement perceptible. Les restes de la dépouille de Néran, personnage emblématique des années 3 000, né à Grétuier dans la province du Troben avait eu des visions concernant le futur d'Isiris. Son crâne et ses tibias avaient été offerts à la ville, en reconnaissance de leur dévouement à la cause laïque. Ils sont déposés dans une grande bulle de verre,permettant ainsi aux fidèles,de se l'approprier visuellement.

Une voix cristalline s'élève dans les airs,reprise aussitôt par le rassemblement. Les chants à la mémoire de Néran se succèdent les uns après les autres. Ils annoncent la marche jusque l'autel de la transition. Les hommes, à pied joint, sautent sur le socle de la gratitude. Vient le tour de Turus,Fargalle,Polias et Arthus. Dans un élan mystique,ils se prennent par les épaules,en sautillant à l'unisson,rappelant au monde la source du respect mutuel. La manifestation se poursuit par alignement de quatre personnes, matérialisant les fondamentaux : la laïcité,le respect,le vivre ensemble et la solidarité.

La vision de ce spectacle est envoûtant. Il reflète l'harmonie régnante en Nerfac,contrastant avec les événements guerriers actuels.

Dans le ciel,des drones provenant de toutes les régions forment un ballet grandiose.

L'entrée dans l'arène est ponctuée par des cris stridents et gutturaux. Le final peut avoir lieu.Chacun s'assoit dans les gradins ornés de fleurs ancestrales. Des écrans géants permettent aux spectateurs d'assister à l'incendie de la délivrance. Les prophètes du bien-être montent sur l'estrade et dans un geste identique lancent leurs faisceaux de lumière sur l'ossature qui prend feu instantanément et envoie dans l'atmosphère des braises orangées et vertes.

Les gradins se lèvent et murmurent la parole rituelle :"toutes les religions ont un sens,mais laissez nous le choix de notre existence"

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Euthymie quand tu me tiens