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21 Apr

un pas en avant, dix en arrière chapitre 8

Publié par Alice  - Catégories :  #témoignages

un pas en avant, dix en arrière chapitre 8

Je suis sortie de la clinique. Je n'étais pas au mieux. Je décidais, envers et contre tout, de reprendre la classe,en tant que prof remplaçante. Je me persuadais qu'en n'étant pas responsable de ma classe, j'arriverais plus facilement à gérer mon mal de vivre présent.

J'allais aller de désillusions en désillusions. Non seulement, je n'étais pas stabilisée mais en plus les crises de panique apparaissaient sans crier gare. Je faisais classe à des maternelles. Je ne pouvais plus gérer. J'étais dépassée par des bouts de choux. Ils étaient vivants,demandeurs et moi, complètement à l'ouest.

J'étais obsédée par la conduite. Les ronds points me plongeaient dans une angoisse sans nom.

Dans quelle condition allais je poursuivre mon existence?

Ma reprise fut un échec. J'ai demandé du soutien à l'académie,sans réponse. Je pris conscience que j'allais devoir me débrouiller seule.

Il faut savoir que dans l'éducation nationale, nous n'avons aucune visite médicale. Je trouve cette absence préventive lamentable. Un professeur travaille avec de l'humain.

Je ne changerai pas le système.Et tout le monde,y compris le gouvernement, semble approuver cet état de fait. Le corps enseignant est l'enfant pauvre de la médecine du travail. Deux médecins pour l'académie de Créteil, autant dire qu'ils sont dépassés.

Fin septembre, j'étais arrivée au bout de mes forces. Plus aucun élan vital, plus d'envies sauf celle de disparaître. Je ne collais plus aux modèles de notre société.

Physiquement le régulateur me ralentissait et j'avais pris une quinzaine de kilos.Je me dégoutais. Chaque matin dans mon miroir apparaissait une grosse vache. Mes cheveux tombaient en masse. ( effet secondaire du dépakote)

Ce fut dans l'énergie du désespoir que je revis le docteur Kabbbaj. Lui, ne jouait plus, je sentais qu'il voulait que je m'en sorte. Je refusais un énième hospitalisation et accepta une place en hdj. mais je refusais obstinément une reconnaissance de travailleur handicapé.

J'incarnais mon échec. J'étais plus bas que terre. Mais je n'avais plus le choix. Ou celui de mourir.

Je m'accrochais au volant de ma voiture. il était hors de question de faire la demande d'une ambulance pour couvrir les kilomètres qui me séparaient de l'hdj. Je voulais garder un semblant de normalité dans cette vie qui m'échappait.

Je me faisais une idée erronée de l'endroit où j'allais passer plusieurs mois . Vous rendez vous compte,me voilà assimilée à une malade mentale! L'idée fut rude à accepter.

C'est un lundi de novembre que je fis connaissance d lieu et de son équipe. J'y allais prostrée,sans émotions. J'allais être jugée comme une incapable ayant perdu sa place du commun des mortels

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Euthymie quand tu me tiens