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20 Apr

vol au dessus d'un nid de coucou chapitre 3

Publié par Alice  - Catégories :  #témoignages

vol au dessus d'un nid de coucou  chapitre 3

J'avais développé,en jargon psychiatrique, des défenses contre mes changements brutaux d'humeur.L'alcool était devenu mon régulateur. Je m'enfonçais dans une spirale macabre. Certes, sur l'instant, je sentais la sensation d'exister et de ressentir mais passé le stade de l'enivrement,,mon humeur chutait ou grimpait en flèche. Je me suis retrouvée dans des situations très cocasses. Sortir à minuit pour distribuer des gâteaux aux sdf...., chantant à tue tête dans mon appartement,les fenêtres grandes ouvertes, envoyant des messages d'amour à tous les hommes de la terre.

Puis après des années de ce régime incongru, je décidais de mettre fin à mes jours. suite à trois tentatives et au cours d'une phase mixte, moral tour à tour à l'endroit et à l'envers.

Ces variations m'ont validé le ticket d'entrée pour l'enfant pauvre de la médecine,j'ai nommé la psychiatrie.

Vous êtes accueillis par des infirmiers très à l écoute puis vient le tour du psychiatre. Il entend vos élucubrations. Dans ces phases, je me sentais surveillée par la franc maçonnerie. Je passe les détails de l'entretien pour en arriver à l'absorption d'une potion chimique, tout sauf magique, vous plongeant dans un no man's land.

Puis vous êtes accompagnés par du personnel attentif jusqu'au lieu de votre villégiature.

Ils ont même la gratitude de vous prêter un pyjama bleu, couleur de mon unité.

Je ne dirais pas que je me suis sentie déshumanisée puisque le mélange savamment dosé en médicaments, ne vous permet absolument pas de réfléchir. Dans mon état, il le valait mieux.

Ils me firent entrer dans ma, pardon, la chambre que j'allais partager avec deux femmes.

La chambre est assez spacieuse. Et elle deviendra pour un temps mon royaume.

Les jours passent avec leurs rituels. Réveil à 8h,prise des médicament,8h30 petit déjeuner puis prise de la douche. Ensuite le temps est comment dire,long, très long. J'arrive à lire. Je m'enfile des romans à la suite. Je passe du temps à la bibliothèque où je relis des classiques.

Vers 11h,les gepettos font leur visite. Ils me rassurent même si je n'ai pas encore un nom donné sur mes troubles,j'ai bien compris que quelque chose clochait chez moi.

L'après midi, la cafétéria est ouverte et libre d'accès. J'y retrouve des compagnons d'infortune. Nous discutons, très peu sur la maladie. Nous avons besoin de nous évader de cet univers.

Des silences très éloquents rythment nos échanges. Le fait de porter un pyjama bleu ne me dérange pas. Je l'assume. J'ai touché le fond de l'entendement,alors,vous voyez, l'habit ne faitsant pas le moine

Je n'ai pas de souvenirs d'avoir mal mangé ou mal dormi (j'ai toujours avec moi mes précieuses boules quies). Je me suis fondue dans le paysage.

Puis le diagnostique est tombé. Je souffrais d'un grave trouble de l'humeur. J'étais le cas clinique de la maniaco-dépressive. Je n'en guérirai pas. Par contre, je pouvais être stabilisée par des régulateurs exceptionnels. Le lithium m'a été servi dans un premier temps. Au final, j'étais soulagée. Ma maladie avait un nom,non,je n'étais pas folle..

C 'est donc au bout de trois semaines que je sortis de l'hôpital, heureuse de quitter cet environnement.

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Euthymie quand tu me tiens